Albert Louis Edmond Chartier, (1898-1992) est un sculpteur dont l’œuvre témoigne du style artistique des années 30, à mi-chemin entre tradition et modernité.  Il a réalisé pour le lycée Marie-Curie le grand relief situé sur le fronton de l’entrée principale, et il est aussi l’auteur du buste de Marie Curie qui se trouve aujourd’hui dans le hall d’entrée, et dont un exemplaire est également conservé au musée Carnavalet à Paris.

Il passe son enfance à Blois, et c’est sans doute ce qui lui permet de nouer des liens d’amitié avec l’architecte Émile Brunet, également blésois, avec lequel il aura plusieurs fois l’occasion de collaborer (façade de l’église de Vésines à Châlette-sur-Loing, fronton du lycée Marie-Curie à Sceaux et deux statues pour l’église Saint-Léon de Paris).

 

Son apprentissage se fait à l’École Nationale supérieure des arts décoratifs à Paris mais est interrompu par la guerre. De nombreux dessins témoignent de cette période sur le front, et il participe après-guerre à la réalisation de plusieurs monuments aux morts. Ces premières commandes lui permettent de gagner sa vie, comme c’est le cas pour de nombreux sculpteurs de l’époque, et il acquiert grâce à ses œuvres une certaine réputation. Il est inscrit à l’École Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris entre 1921 et 1927, et, s’il y suit l’enseignement académique tourné vers les maitres du passé, il s’intéresse beaucoup à la modernité de Rodin, Bourdelle et Landowski. Son travail artistique est récompensé d’une médaille d’or au Salon des arts décoratifs de 1925 et le succès critique lui assure rapidement des commandes, essentiellement dans sa région d’origine.

Albert Chartier connaît dans les années 1925-1950 sa période la plus productive. Réalisé au tout début des années 30, le buste de Marie Curie est très épuré, conformément au style de la sculpture art déco, il est néanmoins très expressif et parvient à un bel équilibre formel en refusant toute dimension anecdotique. Il fait preuve du même talent de portraitiste dans le buste de son ami Émile Brunet d’une facture cependant plus classique, qui est conservé au Musée de Blois.

Sa carrière de sculpteur se double d’une activité de restaurateur pour les Monuments Historiques, en particulier sur les grands chantiers de restauration de la région Centre. On le retrouve sur les chantiers de la cathédrale de Blois, de Saint-Vincent et surtout à Orléans où il travaille à la restauration de la cathédrale de 1941 à 1959.

Il laisse aussi une importante œuvre picturale, croquis, dessins et peintures accompagnant son travail de sculpteur.